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Les facteurs influençant l’entrepreneur
Mots clés :
Créateur d’entreprise, facteurs psychologiques, socioculturels, économiques, influence du milieu, goût d’entreprendre, motivations
INTRODUCTION
L’entrepreneuriat peut être considéré comme un déterminant majeur des performances économiques. Son rôle structurel et le dynamisme qu’il impulse n’est plus à démontrer. La création d’un « vivier » plus vaste d’entrepreneurs présuppose l’existence d’un contexte propice à l’activité entrepreneuriale, lui-même tributaire de la stabilité du cadre macroéconomique et de l’adéquation des conditions-cadres générales (OCDE).
Plusieurs facteurs peuvent influencer l’entrepreneur, certains de façon positive, d’autres de façon négative. Il s’agit de bien identifier ces éléments afin d’élaborer des politiques adaptées. Les responsables de l’action publique devraient prendre en compte tous les facteurs déterminant le climat des affaires en général et l’entrepreneuriat en particulier.
Nous verrons dans cet article, les différents types de facteurs influençant l’entrepreneur : facteurs psychologiques, socioculturels, économiques etc.
I- Les facteurs psychologiques
Une des motivations du créateur, c’est la création de son propre emploi, sans subordination par rapport à un employeur. Il a la volonté farouche d’y parvenir. Par cette initiative, il montre son goût de l’indépendance et de l’aventure. Il faut faire attention à ce désir d’indépendance. Il faudrait s’assurer que cette motivation ne vous conduira pas à certaines erreurs comme par exemple, vous isoler, refuser l’aide et le conseil des professionnels. Dans certains types d’activités les diverses pressions qui s’exercent sur l’entrepreneur ont fortement altéré cette notion d’indépendance. Par ailleurs il y a aussi la recherche du désir d’acquérir de plus hautes responsabilités et donc par la même occasion d’accéder au pouvoir. Il est maître de son entreprise et c’est à lui de prendre les décisions qu’il juge nécessaire pour mener à bien cette entité. Dans ce cas là aussi il doit se poser la question suivante : serais-je capable prendre seul des décisions stratégiques ?
Le créateur est ainsi poussé par la volonté d’entreprendre, de se réaliser. L’entrepreneuriat peut être un moyen pour concrétiser un rêve ou une passion. L’ambition est très importante dans toute initiative ou réalisation. C’est un atout non négligeable pour la création d’entreprise. Il faut que le créateur soit à la fois très ambitieux et motivé car l’aventure de la création est parsemée d’embûches. Celui qui s’engage dans l’aventure de la création dans cet état d’esprit force le respect, de par sa ténacité, de son engagement inébranlable. Il s’est fixé un objectif et il veut y parvenir d’une manière ou d’une autre. Cependant il faut bien se poser toutes les questions avant de se lancer dans la création et réfléchir sur ses motivations. Si votre principale motivation c’est de vouloir revenir dans votre petite ville natale au fin fond du pays pour y créer votre entreprise étant donné que cette ville est dépourvu d’emploi vous espérez par cette activité créer des emplois et lutter contre le chômage galopant, cela est estimable. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faudrait au préalable étudier le marché local, déterminer son importance. Si ce marché n’est pas important, alors il n’est pas opportun de créer une entreprise dans cette région. Si vous voulez à tout prix implanter votre entreprise dans cette région alors il faudrait penser à mettre sur place une activité dont les clients ne seraient pas sur place (exemples : clientèle diffuse ou vente par correspondance). Autrement dit, les produits de l’activité seraient vendus ailleurs.
La situation de l’entrepreneur rappelle le dessin humoristique qui représente un flot de mouton qui se dirige calmement vers le bord de la falaise pour se jeter dans le vide. Mais parmi ces moutons, il y en a un seul qui revient en contresens et s’efforce de se faire tout petit pour ne pas freiner la masse, et se fait tout humble pour ne pas déranger : « Excusez –moi, excusez –moi… ».
L’individu peut aussi se lancer dans la création pour exploiter ses compétences. En effet, cette dernière peut être l’occasion de montrer et de faire travailler un talent inexploité. Chacun d’entre nous possède un talent, une compétence ou un savoir faire acquis d’une manière ou d’une autre : éducation, expériences professionnelles, talent inné (exemple : excellent négociateur). La qualification la plus adéquate pour un chef d’entreprise passe par la connaissance parfaite de trois disciplines : 1/la technique, 2/le commercial et 3/le management (gestion au sens large et le leadership : gestion des ressources humaines). D’une activité à une autre on peut mettre plus l’accent sur une discipline que d’autres.
Ainsi, une des meilleures façons d’employer ces compétences serait de créer sa propre entreprise et de montrer ainsi aux autres qui vous êtes et de quel talent vous disposez.
L’entrepreneur peut aussi avoir d’autres motivations :
-pour exploiter une opportunité ;
-pour accéder à un meilleur statut social, participé à la vie économique de la région ;
-pour accroître sa richesse ou son patrimoine : mais attention la recherche de profit ou d’argent ne doit pas écarter ou occulter toute analyse objective des potentialités.
II- L’environnement socioculturel
Il s’agit de l’influence du milieu sur l’individu. Le milieu dans lequel vit l’individu joue un rôle important en matière de transmission ou d’inhibition des valeurs entrepreneuriales. Il peut y avoir plusieurs milieux :
-la famille ;
-l’école ;
-l’université ;
-la société ;
-les régions.
Chacun de ces milieux exerce d’une manière ou d’une autre des influences sur les individus qui composent la société. Cependant, des études ont largement démontré que l’un des milieux les plus importants qui véhicule la culture entrepreneuriale est sans nul doute la famille. On a remarqué que souvent les entrepreneurs ont dans leur entourage très proche des entrepreneurs. Les enfants d’entrepreneurs ont plus de chance que les autres enfants d’être plus tard à leur tour des entrepreneurs. Les parents entrepreneurs représentent des modèles à suivre pour les enfants. Exemple de Laurence Parisot, petite fille de patron, fille de patron et patronne elle-même ! C’est ainsi que la reproduction sociale est assuré dans le milieu entrepreneurial. Les enfants qui voient tous les jours leurs parents s’occuper de leur entreprise avec dévouement, avec un goût prononcé pour la liberté et avec le sens des responsabilités, pourraient être intéressé par la voix entrepreneuriale. Ces jeunes sont déjà imprégnés de la culture entrepreneuriale et plus tard l’aventure et la prise de risque ne les effraieraient pas.
D’autre part, l’autre milieu qui joue également un rôle important est le milieu éducatif. En effet, ce dernier peut permettre au futur entrepreneur d’acquérir des compétences (gestion, comptabilité, management, commercial…) nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise. De plus, des stages inclus dans le cursus scolaire peuvent permettre aux étudiants de s’imprégner des réalités du monde de l’entreprise. Et peut être éveillé chez eux le goût d’entreprendre, de créer leur propre entreprise.
Des études ont mis en évidence la corrélation positive entre le niveau de formation du créateur et la réussite de l’entreprise. Le système éducatif peut donc contribuer dans certains cas aux succès des entreprises à travers les savoir-faire qu’il peut fournir aux étudiants. Il peut être un excellent moyen pour sensibiliser les jeunes à la création d’entreprise.
Par ailleurs, en dehors de la famille et de l’école, le territoire peut aussi influencer les individus. Les personnes vivant à proximité d’un pôle d’attraction sont plus enclin à créer une entreprise que les autres vivants dans des régions ou des territoires moins dynamiques.
III-L’environnement économique et les relations
Des facteurs d’ordre économique jouent également un rôle non négligeable dans l’acte d’entreprendre.
Il s’agit des ressources matérielles, technologiques, informatiques, humaines et financières qui sont indispensables pour tout projet viable. Il est impensable d’espérer créer une entreprise sans disposer au préalable de biens corporels et incorporels. L’entreprise a besoin de différentes ressources pour exister et pérenniser.
Les relations occupent une place importante dans la décision d’entreprendre. Des contacts personnels ou professionnels déjà établis par le créateur lui facilitent les choses. L’appartenance du créateur à un réseau lui sera d’une grande utilité dans le cadre de l’exercice de ses fonctions d’entrepreneur. En effet il lui sera plus facile d’obtenir des ressources dont son entreprise a besoin pour se développer. Les anciens étudiants de grandes écoles ou de prestigieuses universités peuvent faire jouer leurs relations (anciens camarades, professeurs ou professionnels rencontrés dans le cadre de leur étude) pour les aider à mener à bien les projets.
IV- Exemples de facteurs d’influence
On a essayé de lister quelques facteurs influençant l’entrepreneuriat. La liste n’est, évidemment pas exhaustive.
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Facteurs |
Exemples |
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CULTURE |
Famille, propriété collective ou individuelle, Classes, castes, minorités Attitudes religieuses par rapport à l’entreprise |
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INFRASTRUCTURE |
Matérielle, immatérielle, télécommunications, transport, distribution, sécurité publique, droit et justice, système éducatif |
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ECONOMIE |
Opportunités, croissance intérieur ou extérieure, Absence d’emploi (chômage) Fiscalité, frais d’installation |
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SOCIAL |
Pyramide des âges, Reproduction sociale |
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REGLEMENTS |
Barrières réglementaires, démarches administratives pour les nouvelles entreprises, Droits de propriété, droit de constituer une société, Sanction pour défaillance, traitements des faillites Réglementation de certaines activités |
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INFORMATION |
Accès à l’information sur les marchés, les technologies, les partenaires, les réglementations Possibilité de faire de la publicité dans la presse |
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FINANCEMENT |
Discriminations dans l’accès au financement (ex. les jeunes, les femmes), Utilisation des droits de propriété comme garantie Existence de financeurs (microfinancement, actionnariat, capital risque) |
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TECHNOLOGIE
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Accès aux grandes entreprises, aux universités, aux centres de recherche pour les transferts de technologies Accès aux pépinières d’entreprises et à l’aide technologique |
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FORMATION ET RESSOURCES HUMAINES |
Connaissances en Technologie de l’Information et de la Communication (TIC) Formation en entrepreneuriat à l’Ecole ou à l’Université |
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STRUCTURES DU MARCHE |
Réseaux existants ou grappes Flexibilité du marché du travail Incitations et subventions à certaines branches d’activité |
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INDIVIDUEL
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Personnalité et motivation du créateur Expériences et compétences personnelles |
Les autorités nationales qui souhaitent promouvoir la création d’entreprise et l’entrepreneuriat en général devraient analyser ces différents facteurs pour déceler les éventuels blocages et proposer des pistes d’amélioration afin d’obtenir l’adéquation des conditions-cadres générales.
CONCLUSION
Dans le processus de création, un des éléments les plus déterminants est l'adéquation entre les composantes humaines (l'homme, ses comportements, ses aptitudes, ses motivations, ses relations avec ses partenaires) et stratégiques (le projet, l'environnement, les ressources) (DANVERS F.).
Parmi les facteurs psychologiques, on a noté l’esprit d’initiative, le besoin de réussite, la prise de risque, le besoin d’indépendance, la confiance en soi, l’énergie et l’engagement. Le milieu influence également l’entrepreneur, notamment la famille et l’école. En effet, le fils d’un entrepreneur a plus de chance d’être à son tour entrepreneur. La famille peut véhiculer les valeurs entrepreneuriales. Le système éducatif contribue aux succès des entreprises à travers les savoir-faire et les compétences qu’il peut fournir aux étudiants-futurs entrepreneurs.
Les facteurs psychologiques et socioculturels ne suffisent pas à eux seuls pour assurer la réussite du projet d’entreprise, il y a bien sûr la dimension économique et les relations. La possession de ressources matérielles, financières, humaines ainsi que l’appartenance à des réseaux professionnels contribuent beaucoup à la viabilité du projet.
Eléments Bibliographiques
BERGER B., 1993, « Esprit d’entreprise, cultures et sociétés », Maxima, Saint-Amand-Montrond (Cher)
BOUTILLIER S., 1999, « La légende de l’entrepreneur », Syros
DANVERS Francis, « Peut-on enseigner l’entrepreneuriat ? » 8em Biennale de l’éducation et de la formation
FAYOLLE A., 2003, « Le métier de créateur d’entreprise », Edition d’Organisation, Paris.
OCDE (1998a), « Stimuler l’esprit d’entreprise », OCDE, Paris.
PIRONIN henry, Paul Armand, « Guide pratique et complet du créateur d'entreprise » Paris : TOP éd., 2001
VERSTRAETE T., 2000, « Histoire d’entreprendre », Edition EMS management, Caen
La loi Dutreil sur l’initiative économique
www.clubdescreateurs.com
Abdallah MOHAMED BOURHAN
DEA Economie gestion et Communication
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