Culture entrepreneuriale : Les valeurs à transmettre aux jeunes

Culture entrepreneuriale : Les valeurs à transmettre aux jeunes

Mots clés :

Créateur d’entreprise, esprit d’entreprendre, leadership, autonomie, inventivité, gout du risque, team spirit

 

  L'esprit d'entreprendre est avant tout un état d’esprit qui peut être développé dès le plus jeune âge. Le contexte socio-familial, économique, éducatif ainsi que les expériences vécues peuvent l’influencer. Ce sont ces facteurs qui vont forger l’individu et développer chez lui des traits de caractère tels que la curiosité, la persévérance, le goût du risque, le leadership. Tout entrepreneur qui souhaite réussir à long terme devra disposer de ces valeurs. Ces caractéristiques déterminent et influencent les relations qu’ils entretiennent avec les clients d’un coté et avec les collaborateurs de l’autre. Elles établissent dès le départ, les conditions de réussite ou d'échec de l'entreprise.

  On doit développer chez les jeunes certaines valeurs telles que le leadership, l’autonomie, la créativité, le sens des responsabilités, et d’autres qualités.

 

   A-Leadership

  Le leader se distingue des autres, il a une longueur d’avance sur eux. Il a beaucoup d’imagination. Son charisme pousse les gens à le suivre. C’est un « meneur de troupe ».

 Le leader c’est quelqu’un avec qui les gens aiment bien travailler. Il ne cherche en aucune façon à « piétiner » ses collaborateurs, sa préoccupation c’est plutôt d’obtenir leur pleine adhésion à ses visions et à ses ambitions. Quand il est confronté à un problème, il ne baisse pas les bras, il trouve plus vite que les autres une solution. Cela renforce son charisme.  Cependant, il ne doit pas profiter de sa position à des fins strictement personnelles. Si c’est le cas, il n’ira pas loin.

  Comment décèle-t-on chez une personne le leadership? Pour le savoir, on doit voir si cette personne a de l’influence sur les autres. Si elle organise une soirée, une réunion ou un quelconque évènement, et que les gens répondent massivement à son invitation, alors on peut dire qu’elle a du leadership. Il y a certaines personnes qui sont des « leader-nés ». Ce n’est pas le cas de tout le monde. Si on ne naît pas leader, on peut le devenir. On peut développer son leadership en participant activement à des projets ou en s’engageant dans des associations. Autant d’occasion de s’affirmer et de manager les autres.

  L’école peut contribuer au développement du leadership auprès des élèves. Quand on inclut dans le programme scolaire des activités de découvertes et qu’on applique une pédagogie de projet, on contribuera peut être à l’apparition précoce du leadership chez les jeunes.

 

     B-Autonomie

  Le fait d’avoir créé sa propre entreprise, et d’être son propre patron, c’est déjà une forme d’indépendance d’un point de vue professionnel et d’un point de vue financier. Il y a de nombreux  entrepreneurs qui occupaient un emploi salarié avant de créer leur propre entreprise, de voler de leur propre aile, ils ont préféré entendre la musique de la liberté, plutôt que celle du salariat.

  Cependant, l’autonomie ne rime pas avec la solitude. Il faut bien composer avec les différents partenaires qui vous entourent :  
•collaborateurs ;

•fournisseurs ;

•clients.

  L’entrepreneur n’a pas intérêt à travailler tout seul, d’autant plus qu’il ne maîtrise pas tous les domaines (commercial, technique, exportation, négociation, comptabilité…). Il doit s’entourer de collaborateurs qui vont le conseiller dans ses prises de décisions. Cependant, il doit quant même avoir quelques notions dans ces différents domaines. En fait, il doit connaître le fonctionnement général de son entreprise.

  L’autonomie peut aussi être développée à l’école. Si par exemple, on demande aux élèves de travailler sur un projet en leur laissant une liberté totale dans sa gestion, cela ne fera qu’accroître leur degré d’autonomie. Et plus tard, s’ils deviennent des entrepreneurs, cela les aidera beaucoup.

 

     C-Inventivité

  Qui de nous n’a pas eu d’idées nouvelles de temps à autre ? Cependant, on ne va pas plus loin dans notre imagination, car on se dit soit cela existe déjà, soit que c’est une idée qui ne pourrait pas marcher (peut être qu’il y a eu des gens qui avaient essayé et que cela n’avait pas marché). Ainsi la plupart du temps on coupe court à notre imagination.

  En général, les gens ne se doutent pas de leur talent créatif, en fait ils ne savent pas exploiter leur inventivité. Cela est dû à un manque de confiance. Les gens se disent souvent que si on n’a pas tel ou tel produit c’est parce qu’on n’en a pas besoin. Il ne faudrait pas réfléchir de la sorte ! Il faut oser.

  Quand un individu imagine un nouveau produit ou un nouveau service, la première chose qu’il fait c’est d’en parler à sa famille. Or cette dernière n’est pas très réceptive face aux idées novatrices. Elle dissuade donc l’individu d’aller au bout de son rêve.

  Si on veut développer son potentiel créatif, on a tout intérêt à se laisser aller, à laisser libre court à son imagination. On peut aussi fréquenter le milieu des entrepreneurs pour y arriver. L’école, peut aussi encourager les élèves à acquérir plus de créativité.

 

     D-Sens des responsabilités

   Quand on dit qu’un individu est responsable, cela veut dire que c’est une personne à qui on peut faire confiance et qui fera ce qu’on attend d’elle.

  L’entrepreneur doit avoir le sens des responsabilités, quand il entreprend quoi que ce soit dans le cadre de sa fonction, ses décisions peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur la société auquel il appartient.  Il est donc responsable de lui-même, mais aussi de diagnostiquer des problèmes et d’y apporter des solutions. Il doit respecter son voisin, et ne doit pas prendre des mesures qui le contraindraient trop.  C’est un des  éléments les plus importants, le créateur ne devra pas fuir ses  responsabilités. Il est responsable de son entreprise  ainsi que de ses éventuels salariés. En cas de problèmes liés à son entreprise, le créateur (ou entrepreneur) pourrait être tenu pour responsable des dettes de l’entreprise indéfiniment et solidairement (cela dépend du type d’entreprise qu’il a crée). Ainsi prendre ses responsabilités, c’est prendre conscience de ses devoirs autant que mesurer les risques. Il ne s’agit pas d’accabler l’entrepreneur sous le poids de la responsabilité et tenter de le dissuader de créer son entreprise (loin de là, ce n’est pas l’objectif de cet article) mais de rappeler que dans l’exercice de sa fonction, l’entrepreneur prend certains risques dont il devrait prendre conscience pour parer au mieux les coups du destin. Si vous négligez vos responsabilités, vous vous retrouverez accusé devant le tribunal. A ce moment la, vous saurez que ce risque n’est pas théorique.

  Là aussi, le sens des responsabilités peut être développé auprès des jeunes. Si on demande aux étudiants de travailler en groupe  sur un projet, ils vont probablement se diviser le travail. Chacun d’entre eux aura une tache bien précise à faire. Et il va s’installer une confiance mutuelle. Chacun essaiera d’être à la hauteur de ses responsabilités.

 

     E-Quelques qualités du futur créateur

  Le créateur d’entreprise doit avoir un certain nombre de qualités, sans parler de ses compétences techniques, tel que l’envie d’agir, de prendre l’initiative… On peut dresser une liste (non exhaustive) des qualités d’un bon entrepreneur :

La persévérance et l’esprit d’initiative : vous prenez les devants, et vous êtes décidez à allez jusqu’au bout, à vous battre pour votre projet tant qu’il y a un espoir. Vous ne vous laissez pas décourager par les « mauvaises langues » ou les pessimistes.

L’endurance au travail : êtes vous capable de travailler plusieurs heures d’affilées ? Cette aventure de la création d’entreprise est exaltante mais elle peut être épuisante. Souvent on est obligé de travailler plus de dix heures par jour. En plus de cela il y a la solitude au travail.

La santé : physiquement, vous sentez vous apte à relever ce défit ? « Une santé de fer » pourrait vous permettre de mieux surmonter certaines difficultés.

L’esprit d’équipe ou « team spirit » : ne pas avoir peur de travailler en équipe. Il faut avoir le « team spirit » (esprit d’équipe), la capacité à travailler en étroite collaboration avec ses employés et associés.

Le goût du risque : vous n’avez pas peur de prendre des risques, l’inconnu ne vous fait pas peur.

 

 

Conclusion

 

  Pour conclure, on peut dire qu’un entrepreneur c’est une personne qui a découvert un créneau avant tout le monde. Il est doté d’un esprit créatif.  Son imagination n’a pas de limite. C’est aussi une personne très indépendante, qui aime la liberté, qui aime sortir des sentiers battus. C’est une personne qui sait où elle va, qui sait convaincre les gens qui lui font entièrement confiance. Cette personne doit aussi être dotée du sens des responsabilités.

  Le profil du créateur influence fortement la survie de l'entreprise. Un projet n'est pas une création spontanée, mais un processus bien réfléchi. Les compétences et les qualités du créateur d’entreprise contribuent beaucoup à la pérennité de l’entreprise. D’où la nécessité pour les pouvoirs publics d’inculquer ces valeurs aux jeunes, qui seront potentiellement les entrepreneurs de demain.

  Le succès de l’entrepreneuriat dépend des structures institutionnelles de la société mais aussi de l’état d’esprit des individus. L’économique et le culturel s’influencent mutuellement. La culture occupe donc une place non négligeable. La culture américaine est plus ouverte à l’esprit entrepreneurial, comme le montre cet extrait du credo officiel de l’association des entrepreneurs américains : « J’ai choisi d’être différent du commun des mortels. Je cherche des opportunités, pas la sécurité. Je ne veux pas être un citoyen assisté, humilié et diminué par l’Etat Providence. Je veux prendre le risque calculé de rêver et de bâtir, d’échouer et de réussir. Je refuse les allocations… Je préfère les frissons du bâtisseur à la quiétude béate de l’utopie. Je n’échangerai pas ma liberté contre un privilège, ni ma dignité contre un bout de papier. Je me tiens debout, fier et sans peur. J’agis et je pense par moi même. Je jouis du résultat de mes créations. Je peux regarder le monde en face, avec  aplomb et dire : « Cela je l’ai fais avec l’aide de Dieu. »

 

 

Eléments Bibliographiques

 

Livres :

 

BERGER B., 1993, « Esprit d’entreprise, cultures et sociétés », Maxima, Saint-Amand-Montrond (Cher)

BOUTILLIER S., 1999, « La légende de l’entrepreneur », Syros

DANVERS Francis « Peut-on enseigner l’entrepreneuriat ? », 8em Biennale de l’éducation et de la formation

FAYOLLE A., 2003, « Le métier de créateur d’entreprise », Edition d’Organisation, Paris.

OCDE, « Encourager les jeunes à entreprendre » Les défis politiques, Cahiers LEED, Numéro 292001

OCDE « Encourager l’entreprenariat et la création d’entreprises en tant que moteurs de la croissance dans une économie mondialisée »

VERSTRAETE T., 2000, « Histoire d’entreprendre », Edition EMS management, Caen

 

Sites Internet :

www.clubdescreateurs.com

www.apce.com

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